La Sellerie

Travail du cuir sous toutes ses formes

Dès l’entrée, l’atelier sent bon le cuir.Les outils ne font pas de bruit … il y règne un calme et une douceur qui annonce un vrai savoir-faire.

Le cuir est sur l’établi, Fabienne travaille sur un harnais à réparer, un jeune cheval en a cassé une pièce. L’apprenti recoud un licol. Un sac à dos attend son tour pour être copié, il est bien trop vieux mais son propriétaire aime ce modèle.

L’atelier est plutôt exigu et des montagnes d’objets sautent aux yeux : rouleaux de peaux entassées, outils accrochés au mur, têtes de chevaux ornés de toutes sortes d’accessoires, sacs à mains, valises … « J’ai remarqué que les clients aiment bien quand c’est le cheni, alors je m’étale un peu ».

Formée par Mr. Kuhnen il y a plus de trente cinq ans, Fabienne forme à son tour des apprentis afin que cette profession ne s’éteigne pas et même si elle est la dernière à exercer cet art à Genève, elle reste confiante quant à l’avenir.

Cavalière de dressage et meneuse, Fabienne sera de bon conseil si vous hésitez ou si vous avez un problème. Il existe toujours une solution, en parler c’est déjà se mettre en chemin pour la trouver. Son expérience l’aidera à aborder votre cheval dans de belles conditions.

Philosophie et éthique

« Ici nous travaillons encore avec notre cœur et nos mains … »

Ces dernières années ont été très dures, la vente de produits usinés « made in de l’autre côté du monde » a eu un sérieux impact sur notre travail, mais le pic est derrière nous et nous voyons revenir une clientèle qui se rend compte que ces produits-là ne tiennent pas la route. C’est toute une mentalité qui est en train de changer, il y a une vraie tendance à revenir aux réparations et au fait-main, localement.  Tout compte fait c’est aussi bien moins cher.

Nos pièces, toutes uniques, sont garanties 30 voir 50 ans. « Je travaille sur la durée de vie d’un objet, il n’y a pas de raison qu’il s’abîme, c’est donc mon successeur qui l’aura pour réparation. »

Il faut aimer cette matière noble qu’est le cuir et aimer travailler avec ses mains. La passion vient en travaillant, réussir à mettre en valeur le cuir nous donne envie de recommencer. Quant au sourire des clients, il pourrait presque suffire à nous payer !

Le client n’est pas le roi, il est l’inspiration, le partenaire d’un travail. C’est le respect qui devient le roi dans notre atelier.

« Évoluer, s’améliorer, essayer d’aller toujours plus loin … repousser ses limites, c’est ça qui est beau … »